Comment éviter les cas d'Hyponatrémie?

Il existe une controverse par rapport aux guides d’hydratation optimale pour athlètes qui participent à des épreuves d’ultra-résistance. La majorité des recommandations publiées mettent l’accent sur les conséquences négatives de la déshydratation tandis que les études plus récentes donnent l’alerte sur les conséquences de l’hyper-hydratation. De plus, il se trouve que les guides donnent des recommandations statiques pour ce qui en réalité, sont des situations dynamiques et changeantes. L’un des principaux risque auxquels les sportifs extrêmes doivent faire face c’est l’hyponatrémie, qui n’est autre qu’un déséquilibre hydro-électrolytique produit par une faible concentration de sodium dans le sang. Quand le sodium baisse, des nausées peuvent apparaître,

léthargie, spasmes musculaires et maux de tête. Il existe beaucoup de causes qui conduisent à la condition d’hyponatrémie, mais celle qui intéresse principalement les athlètes de longue distance c’est celle qui apparaît par dilution lorsqu’ils ont trop bu, c’est-à-dire, lorsqu’il y a sur-hydratation, mais également par la perte de sodium à travers la transpiration lors de cet exercice prolongé.

 

 

Mesures de prévention

Les mesures de prévention de la redoutable hyponatrémie, provoquée par l’exercice, vont dans le sens d’éviter la surconsommation de liquides. En raison de la grande diversité de taux de production de transpiration et capacité d’expulsion d’eau libre parmi les différents athlètes en fonction des conditions de l’environnement pendant la course, il est difficile d’établir des recommandations statiques pour la prévention de l’hyponatrémie. Il existe de nombreuses erreurs de concept par rapport aux besoins hydriques en longue distance, très étendues parmi les athlètes, basées sur le concept “drink as much fluid as possible” “Boire tout le liquide possible”, s’hyper-hydrater avant les courses, uriner le plus clair possible, etc. Malheureusement nous pouvons trouver des sites sur internet qui incitent les athlètes à boire d’importantes quantités de liquides dans de courts espaces de temps, avec parfois des conséquences fatales. La qualité de l’information est faible, même dans les pages web considérées “scientifiques”.

Afin de comprendre pourquoi il faut boire en fonction de la soif, il est important de savoir que dans la majeure partie des cas, les systèmes chargés du maintien du sodium (Na) plasmatique sont si efficaces qu’ils maintiennent l’osmolarité dans une fourchette de 1-2% par rapport aux valeurs normales même en cas de grande différence de consommation de fluides et de (Na) parmi les athlètes.

 

 

Ceci dépend en grande partie d’une sécrétion adéquate de ADH (hormone antidiurétique) et d’un mécanisme de soif intact. Dans différents protocoles, on a proposé des taux de consommation de fluides entre 400-800 ml/h.

Toutefois, chez les athlètes bien entraînés et dans des environnements froids, le taux de transpiration peut même être inférieur à ces volumes, c’est pourquoi ces athlètes-là ne sont pas à l’abri d’un risque d’hyponatrémie. Ainsi, en ce moment, la recommandation en vigueur du Third Internacional Exercise-Associated Hiponatremia Consensus Development Conference 2015, est que les athlètes doivent boire en fonction de la soif.

 

La prévention de l’hyponatrémie, provoquée par l’exercice, est extrêmement importante et exige des programmes d’éducation des entraîneurs, athlètes et du personnel des événements sportifs, et d’expliquer les stratégies adéquates d’hydratation, supplémentation de sodium et connaissance du traitement de l’hyponatrémie.

 

La diffusion de guides sur l’hydratation appropriée conçus selon les concepts suivants basés sur l’évidence scientifique sont nécessaires:

1.- L’ingestion de liquides au de-là de la sensation de soif n’a pas prouvé diminuer la sensation de fatigue, ni la fréquence de spasmes musculaires ni d’épisodes coronaires aigus en relation à l’exercice.

2.- De légères déshydratations sont tolérables et représentent un faible risque pour la santé des athlètes. Des déshydratations inférieures à 3% du poids (5% de l’eau corporelle totale) sont bien tolérées et ne produisent pas d’altérations du rendement physique.

3.- Il est recommandé d’utiliser des stratégies pour prévenir autant la déshydratation que le sur-hydratation pendant l’exercice physique:

a) Boire en fonction de la soif. Les pertes de liquides par transpiration et urine sont énormément variables entre les athlètes; c’est dynamique en fonction de multiples facteurs.

b) Réduire le disponibilité de liquides lors des courses. Ceci a prouvé réduire l’incidence d’hyponatrémie. Dans des triathlons distance Ironman, la recommandation est de placer des points de ravitaillement pendant la course tous les 2,5 kms et tout les 20 kms dans le secteur cyclisme.

c) Monitoriser les variations du poids pendant la course. Le poids corporel es un reflet raisonnable bien que non précis de l’état d’hydratation. En tenant compte de ceci, les athlètes ne doivent pas gagner de poids pendant les événements de longue distance. La prise de poids est un reflet de l’excès d’ingestion de liquides en relation à la perte et implique un degré variable de sur-hydratation.

d) Il est également recommandé de réaliser un test de transpiration selon les guides USA Track and Field (USATF) qui détermine le taux de transpiration/h pour des conditions données. Toutefois, les

résultats de cette épreuve peuvent ne pas être extrapolables pendant la compétition, vu que la ADH peut ne pas être supprimée lors de la course.

e) Enfin, l’American College of Sports Medicine (ACSM) recommande la consommation de 500-700 mg de sodium (22-30 mEg/L) par litre d’eau, afin de rétablir le sodium éliminé par la transpiration dans ces événements.

 

En conclusion, il faut promouvoir des programmes d’éducation afin de reconnaître les signes et symptômes d’hyponatrémie et les athlètes en besoin urgent de secours médical. L’application de ces mesures diminue l’incidence d’hyponatrémie provoquée par l’exercice lors d’événements d’ultra-distance sans affecter le rendement physique.

 

ARTICLE MÉDICAL

Par Diego López de Lara